Pour la célébration, au mois de mars, des quatre-vingt ans de l’artiste et de ses soixante années de
création, la Fondation Rustin propose, simultanément à la deuxième édition du Salon du dessin
contemporain, une exposition des dessins de Jean Rustin, miroirs de l’oeuvre peint depuis le début de
sa carrière.
La figuration de Jean Rustin n’a cessé de se transformer depuis le début des années 1970. Un homme,
une femme sont d’abord étrangement apparus dans un espace indéfini jusqu’au jour où le peintre a
tracé une ligne d’horizon, représenté une table, un lit, une ampoule. A cette époque, la femme et
l’homme étaient dépecés et la présence aussi menaçante d’un couteau que celle d’une horloge, rythmait ce
qui s’annonçait de manière prophétique.
Cet homme et cette femme, anonymes, allaient prendre corps et leurs corps deviendraient une horloge, le
couteau, l’épée de Damoclès du temps qui passe et mène inexorablement l’Homme vers sa fin. L’oeuvre
de Jean Rustin était déjà une vanité, réflexion sur le temps et sur les artifices du monde. Le dessin a
joué un rôle essentiel dans la composition et l’invention de ces personnages devenus, d’une certaine
manière, ses “pommes de Cézanne”, prétexte de toute sa création, objets de toutes les libertés, représentés
avec une exceptionnelle virtuosité, tant sur toile que sur papier.
Quand Jean Rustin abandonne la peinture abstraite, il
choisit de montrer ce que l’on ne veut plus voir, la réalité
d’une condition humaine commune, loin de tous les artifices
qu’implique la vie sociale. Il a désocialisé, il a présenté
une humanité mise à nu, face à elle-même dans un
instant de vérité, et dénoncé, peut-être, une incapacité
grandissante à communiquer. La sexualité s’est imposée
comme acte symbolique capable de cristalliser le
problème de la communication. Pour cette raison, l’acte
sexuel, dans la peinture de Jean Rustin, est un temps
d’arrêt, où les personnages semblent se figer pour
observer ceux qui les regardent, c’est-à-dire nous.
Les oeuvres de Jean Rustin ne laissent personne indifférent.
Le peintre nous pousse inévitablement à nous interroger sur
nous-même, notre existence, notre rapport à nous-mêmes,
mais aussi aux autres, et donc au monde. Nous vacillons, face à un tableau de Jean Rustin,
entre l’ombre et la lumière, essentielle, entre le bien, le mal, le beau, le laid, l’envie de fuir ou accepter
d’en faire partie. Nous sommes indubitablement concernés.
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Fondation Rustin
38 Bd Raspail 75007 Paris
Tel. +33 (0)1 42 84 46 35
www.rustin.eu
Horaires :
du jeudi au samedi, de 15h à 19h
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